"Ofil" Olivier Filleul
Nos peintres
 
Né en 1965 en Normandie, de parents eux-mêmes artistes peintres, Ofil a baigné dans une atmosphère propice à son épanouissement actuel.
Après un passage dans les milieux d'affaires, nous découvrons aujourd'hui un artiste singulier dans sa technique et dans sa démarche : il travaille en effet exclusivement la gouache alliant fluidité de l'aquarelle à l'onctuosité de l'huile ; cette matière reste un défi permanent, nécessitant la lutte avec les formes, les contours, les volumes, sans pour autant négliger les mouvements de l'eau ou des branches.
Pour une oeuvre figurative, le dessin est toujours décisif ; visiblement Ofil sait dessiner et composer. Cette grande faculté lui permet d'apprivoiser délicatement le paysage et de souligner la lumière par des aplats et effets de transparence réussis. Avec Ofil, nous sortons des paysages convenus, vus et revus maintes fois, nous découvrons la subtilité d'une lumière rasante, les branches mal coupées d'un arbre malade ou encore la coque délabrée d'une barque abandonnée... La nature que décrit Ofil, c'est la vraie nature, celle qui chaque jour se dégrade devant nos yeux indifférents.
La gouache, cette matière qui n'autorise pas aisément les dégradés, sera abondamment utilisée par l'artiste pour nous dévoiler ce qui se cache au promeneur pressé.
Les couleurs subissent et imprègnent nos émotions au sein d'un éclairage qui semble poindre des profondeurs. Le bleu monte aux yeux, le gris illustre les reflets de l'eau mais aussi la colère de l'orage, le jaune ou le beige vont souligner la lumière rasante d'un port breton.
Très vite nous comprenons qu'il existe des enigmes que nous ne percevons pas au premier coup d'oeil. Il ne s'agit pas de multiplier les apparences superficielles mais de laisser deviner les secrets de cette nature accablée.
Entre ombre et lumière, ténèbres et soleil, terre et eau, mer et ciel, surgit une écriture messagère, annonciatrice d'un futur fait de champs sans arbres et d'une mer dépourvue de vie. Les couleurs ondulent, détachées du monde matériel. Elles parviennent à concilier la rigueur de ses observations et la réalité des appréhensions. On se laisse emporter par ses tableaux comme par un nuage.
Cette peinture semble vous observer avec silence, nous sommes sous le charme sans rien pouvoir expliquer.
Voilà bien une oeuvre picturale qui se propage au plus profond de nous-mêmes.
 
Bernard Boscher
Critique d'Art
 
 
Mais qui est donc Ofil ? par René Le Bihan (2011)
 

Les œuvres d'Ofil exposées à la Galerie de Normandie :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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